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Colloque handicap et subjectivité

Colloque "HANDICAP" ET SUBJECTIVITÉ
co-organisé par le GCS 400 coups et le Centre de recherche psychanalyse, médecine et société (CRPMS),
avec le CMPP de Ville d’Avray, Bonneuil et l’hôpital de jour de Ville d’Avray,
samedi 29 février 2020,
à Paris VII amphi Buffon

Depuis plus d’une décennie les nouvelles définitions du handicap psychique ont permis une extension de son usage diagnostic et des nouveaux enjeux sociaux pour les « handicapés ». Ainsi, la société est appelée à s’adapter à eux et ce renouveau fait miroiter une déségrégation des malades mentaux. Il semble alors que leur inclusion dépend de leur réinsertion en milieu ordinaire, celui de l’école ou du travail, ou tout simplement de leur milieu social d’origine.

L’espoir d’une telle réinsertion est en rapport avec la déspécification du handicap psychique, comme s’il suffisait de redéfinir la « folie » pour la rendre compatible avec la vie sociale dite ordinaire. Ces termes, qui tendent pourtant à rapprocher les troubles psychiques des déficits spécifiques, laisse entendre qu’il suffirait de prendre en compte les dits déficits et de mettre en place des aides d’accompagnement au sein d’un milieu ordinaire pour y remédier. L’état des lieux aujourd’hui ne semble pas confirmer les espoirs initiaux. Pourquoi la folie résiste-t-elle à sa normalisation ?

La démarche freudienne a depuis toujours pris en compte les facteurs organiques, génétiques et épigénétiques, quant au déterminisme des troubles psychiques. Qu’il y ait une pathologie biologique au niveau de neurones, n’empêche pas la spécificité des troubles psychiques par rapport à d’autres, comme ceux qui font l’objet de la neurologie. Ces facteurs organiques peuvent entraver la subjectivation chez un individu particulier, car ils vont interférer dans ses interactions avec les autres, surtout pendant les périodes initiales de sa vie dont la psychanalyse nous a appris à reconnaitre la grande importance pour le sujet à venir. Pourtant, les handicaps qui peuvent en découler, en cas d’entraves au nouage du corps par le symbolique,ne peuvent pas être résumés par des déficits tels que les syndromes psychiatriques les décrivent dans les nouvelles classifications ad hoc. L’esprit scientiste de ces taxinomies fait abstraction de la subjectivité des malades mentaux dont le handicap relève d’un traitement relationnel par des cliniciens sensibilisés à ce qu’est la folie ; en termes de souffrance ou même parfois de déficit mais aussi en termes d’inventivité.

Le hors norme de la folie, loin de constituer une insulte permet de faire le lien avec ce que chaque sujet contient d’anormal et de singulier. Les pratiques qui s’inspirent de la psychanalyse ne sont pas incompatibles avec le « rétablissement » tel que certaines théories sur le recovery semblent le préconiser. Elles ne sont pas non plus contradictoires avec les traitements rééducatifs et médicamenteux qui doivent, dans plusieurs cas, s’y ajouter. Mais, la question peut-être bien plus générale : comment subjectiver son handicap psychique si celui-ci est uniquement objectivé comme un déficit par rapport à un état dit « normal » ?

Informations : contact@gcsles400coups.org

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