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Séminaire Psychanalyse et institution


Le Laboratoire RPpsy : recherche en psychopathologie et psychanalyse
Département de psychologie
Université Rennes2
organise le Séminaire "Psychanalyse et institution"
Séance du Jeudi 18 JUIN à 18H15 - Amphi S1
« Intelligence artificielle : corps, machine, symptôme"
MCU Quentin DUMOULIN
Enseignant-chercheur à l’université Côte d’Azur
En présence et par zoom

Argument
Les modèles récents d’intelligence artificielle (générateurs de langage dit « naturel » de type GPT) bouleversent en profondeur notre monde. Le champ de la santé mentale et de la psychothérapie n’y échappe pas : questions autour des addictions, procès mettant en cause des responsabilités liées à des suicides, chatbots se présentant comme psychothérapeutes, praticiens souhaitant « s’augmenter » par la machine, etc.
Si la machine peut faire figure d’interlocutrice, elle ne saurait être hissée au rang de partenaire transférentiel (bien qu’elle génère du transfert). Son omniprésence dans nos quotidiens, dont elle se fait le dénominateur commun anonyme, modifie le lien social et la structure de l’Autre à sa racine même. Le cinéma et la science-fiction ont depuis longtemps mis en images ce que nos relations aux machines font à l’humain : de 2001, l’Odyssée de l’espace (Kubrick, 1968) à Her (Spike Jonze, 2013), où un homme tombe amoureux de son IA.
La série Pluribus (Vince Gilligan, 2025) prolonge cette réflexion en mettant en scène une fin du monde singulière : l’humanité y a été supplantée par une intelligence collective totalisée – non sans résonances avec certains effets bien réels des IA contemporaines : solitude « connectée », bienveillance généralisée aux effets morbides, gouvernementalités algorithmiques, etc.
Et qu’en est-il de l’analyse et de l’analyste ? À suivre ces artistes, quelles conséquences déduire de l’IA pour la psychanalyse ? Lacan faisait de l’analyse un « lien social à deux ». Et si nulle machine supplémentaire n’y est conviée, cela ne veut pas pour autant dire qu’aucune n’y soit présente. Machineries et automatismes peuplent l’inconscient freudien dont les formations sont la trace. Réduire l’analyste est à la machine est une tentation ancienne : depuis le médecin malouin La Mettrie (1709-1751), auteur d’un Homme-machine auquel il s’identifiait, jusqu’à ELIZA (1964), premier programme d’intelligence artificielle développé par Joseph Weizenbaum et censé (déjà !) imiter un psychothérapeute.
Pour interpréter ce foisonnement contemporain d’initiatives qui réduisent le partenaire à la machine (et par exemple le psychologue au robot) la logique des quatre discours de Lacan s’avère éclairante. En effet, en associant la psychothérapie au discours du maître, prescripteur qui ne veut rien savoir de ce qui fonde et légitime son pouvoir, on comprend mieux le succès que rencontrent les psybots d’aujourd’hui. En analyse, il s’agit d’un autre discours, où le surmoi est dégagé des commandes pour laisser place, précisément, à ce qui lui échappe, sans volonté de maîtrise. Cette conférence se propose donc d’explorer quelques-unes des pistes de questionnement que l’IA ouvre (et impose) aux cliniciens.

*Lien zoom : Sans inscription préalable
https://us02web.zoom.us/j/89397993022?pwd=3DvzizAGHbro0RDzzayPmsbChde6rh.1

Pour toute demande d’information, écrire à : myriam.cherel@univ-rennes2.fr

Myriam CHÉREL
Directrice du département de psychologie
Co-directrice des études Licence de psychologie
Enseignante-chercheure en Psychopathologie
Laboratoire RPPsy : Recherches en Psychopathologie et Psychanalyse
Bureau S404 - 02.99.14.19.56

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